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LE
DALAI LAMA à NIORT
Le coeur parle toute les langues laissons le parler en Tibétain
01 / 09 mai 2004
En Poitou-Charentes, il est un événement très
attendu qui allie la grande tradition des Foires de l’Ouest à l’audace
des thèmes évoqués. Au cœur de la manifestation à caractère économique
mais qui n’en oublie pas pour autant l’aspect festif auquel
s’attachent les organisateurs, il y a ce grand hall de 2000 mètres
carrés qui est entièrement réservé au pays
invité d’honneur. A l’évocation des cultures
lointaines qui se sont succédées ici lors des précédentes éditions,
déjà l’on est surpris par l’audace de certains
choix: en 1998, c’est le Cambodge qui était là,
avec sa jungle reconstituée et ses temples rebâtis, puis
en 2000, la Mongolie avec son campement de yourtes et sa culture nomade
et pastorale, ses chants des steppes à la gloire de Gengis Khan…
Mais cette fois, l’effet de surprise à l’annonce
du thème 2004 est plus fort encore. Très fort même… Le
Tibet, culture invitée de la Foirexpo de Niort, du 1er au 9
mai 2004… Avec ce sous-titre qui nous dit cela : « le coeur
parle toutes les langues, laissons-le parler en tibétain ».
Bigre ! Comment une Foire Exposition peut-elle avoir l’ambition
d’évoquer une culture aussi spécifique dans ce
cadre là et le thème en lui-même n’est-il
pas trop sensible ? Les organisateurs n’auraient-ils pas été pris
soudain d’un vertige tout himalayen?
Or voici la façon dont le Tibet serait appréhendé et
nous voilà tout taraudés par la réelle impatience
de voir arriver le début du mois de mai. Aller à Niort,
pour voir ce qui s’y trame et qui n’aura, semble t-il,
rien d’une manifestation très ordinaire…
Un parcours invitera le visiteur dans un décor himalayen autour
de façades de maisons tibétaines, d’une douzaine
de tentes rehaussées de signes auspicieux (en cours de fabrication à Lhassa
et spécialement réalisées pour la circonstance),
de stupas, de portiques traditionnels peints et sculptés, un
campement nomade avec la grande tente noire en poils de yak. Et des
yaks aussi… Le décor planté, chacune de ces tentes
sera là pour évoquer tel ou tel aspect des arts appliqués
et accueillera les meilleurs artisans de la communauté tibétaine
en exil, qui viendront de Katmandu, Delhi et bien sûr de Dharamsala,
la capitale du Tibet en exil au nord de l’Inde et siège
du gouvernement de Sa Sainteté le Dalaï Lama… Un
orfèvre, un sculpteur, un peintre de tangkas (ces représentations
de Bouddha ou bien encore de divinités du Panthéon bouddhiste
sur tissu), un calligraphe, un imprimeur, sans oublier la médecine
et l’astrologie tibétaines qui seront représentées
là par le directeur de l’Institut de ces sciences himalayennes
de Dharamsala. Le vêtement aussi, les tissus, les étoffes
de cachemire et de pashmina, les tapis…
Le restaurant tibétain sera lui une reconstitution, à partir
d’images d’archives, d’un établissement cossu
de Lhassa d’avant l’invasion chinoise : piliers rehaussés
de fresques, tables et banquettes traditionnelles, menu concocté par
l’équipe du Tashi Delek, le premier restaurant tibétain
de Paris. Dans les vitrines, les ustensiles traditionnels de vaisselle
(bols à tasmpa, gourdes à tchang, la bière tibétaine…)
D’autres vitrines ponctueront le parcours du visiteur, en présentant
des pièces rares, issues pour la plupart de collections particulières,
et qui ont pris le chemin de l’exil pour échapper à la
destruction : objets rituels et de culte, objets représentatifs
de la vie quotidienne… Car nombreux sont ceux qui, séduits
par ce projet de l’évocation d’un Tibet vivant,
joyeux, actif, ont accepté de prêter ces pièces
qui, pour certaines, n’ont jamais encore été présentées
au public.
Parmi les partenaires prestigieux,
la Fondation Hergé qui célèbre
les 75 ans de Tintin et qui souhaite mettre son personnage au service
de la cause tibétaine tout comme elle l’avait fait, il
y a une dizaine d’années à Bruxelles, Paris, Amsterdam
et Montreux (exposition « au Tibet avec Tintin »).
La Fondation Alexandra-David
Néel participe elle à l’évocation
de cette fascination qu’ont toujours exercé le Tibet et
l’Himalaya sur l’occident (présentation d’objets
ayant été rapportés du Tibet par la célèbre
exploratrice).
Jean Lassale, cet incroyable
collectionneur qui a fait du Tibet sa profession de foi, évoque par ses vitrines l’expédition
de Sir Francis Youghusband qui, à la tête de sa colonne,
atteignit Lhassa en 1904.
Le Club Alpin Anglais propose
une présentation des objets de
l’expédition de Sir Edmond Hillary qui réussit à atteindre
le toit du monde en 1953. Dans l’une des vitrines, un petit bout
de rocher, de deux centimètres environ, recueilli par Hillary
au sommet de l’Everest. Il l’offrit à Evans, le
numéro deux de l’expédition, resté quelques
centaines de mètres plus bas, avant l’assaut final…
Et le Museum National d’Histoire Naturelle projette le survol
virtuel de la chaîne himalayenne (travail réalisé avec
le CNRS)
Une autre expédition, la Croisière Jaune André Citroën,
tentait le franchissement de la chaîne himalayenne en 1932. Le « Scarabée
d’or », véhicule autochenille du commandant Haardt
de cette épopée est présenté avec les objets
ayant appartenu aux membres du groupe « Pamir ».
Non loin de là, une autre évocation de la présence
britannique sur les marches du Tibet, évocation de la culture
du thé, confiée à l’une des plus prestigieuses
maisons au monde, Betjeman & Barton. Thés précieux
des contreforts méridionaux de la chaîne himalayenne,
Assam, Sikkim…
Mais comment évoquer le Tibet sans relater toute la richesse
de son patrimoine spirituel ?
Les moines de Gyuto sont sur la grande scène le 4 mai au soir.
Durant toute la manifestation, les moines réalisent les tormas
(sculptures de beurre) ainsi qu’un mandala de sable. Œuvre
sacrée en même temps que méditation sur l’impermanence
de toute chose et vaine vanité de l’artiste : une fois
achevé, le mandala sera détruit, ses sables récupérés
dans une urne et précipités dans une eau qui court, les
eaux en l’occurrence purificatrices de la Sèvre niortaise
qui longe le site du Parc des Expositions.
Sur la scène et sur fond de Potala (le palais des Dalai Lamas à Lhassa)
se produira le très fameux TIPA (Tibetan Institute of Performing
Arts), cet excellent ensemble tibétain de chants et danses,
fort de 12 artistes.
Détail important, les organisateurs portent une attention toute
particulière à la préparation de la venue du Tibet
avec ce souci constant de vouloir éviter toute folklorisation.
Au contraire, disent-ils, il s’agit de veiller à l’authenticité de
l’évocation, au respect de la culture invitée.
Ce seront les Tibétains qui viendront présenter leur
culture, assistés par la logistique du Parc des Expositions.
Alors, tout est dit, sans ambages,
tout est évoqué et
le drame aussi, d’un peuple qui a perdu sa souveraineté lorsque
l’Armée Populaire de Libération chinoise envahit
le Tibet en 1949. En 1959, le Dalaï Lama choisit le chemin de
l’exil, immédiatement suivi par 80.000 tibétains.
Les photographies de Pierre-Yves Ginet seront là pour rappeler
l’histoire contemporaine du Tibet, ainsi que les photos de la
Tibet Image Bank of London (notamment ces photos des émeutes
de Lhassa en 1989, qui furent réprimées avec férocité par
les autorités chinoises). Une librairie, la présence
de plusieurs associations, permettront au public de faire plus ample
connaissance avec le Tibet et s’informer sur la situation.
Une présentation attentive, soignée donc, un programme
riche et varié. Mais la grande surprise, celle qui résume à elle
seule toute la portée de l’invitation faite au Tibet de
venir à Niort, est ailleurs. La voici. Elle est de taille.
En octobre, une délégation niortaise se rendait à Dharamsala
pour présenter le projet au Dalaï Lama. Celui-ci – immédiatement
- se proposait de venir sur deux jours, les 8 et 9 mai, au lendemain
d’un enseignement qu’il aura dispensé à Toronto.
Outre la caution que le chef des tibétains souhaite personnellement
apporter, le Dalaï Lama fera une conférence publique sur
le thème de l’éducation le 8 mai dans un autre
hall susceptible d’accueillir 3000 auditeurs. Et lorsqu’on
sait que cette figure majeure de notre temps est sollicitée
en permanence, invitée à venir aux quatre coins du monde
et que la plupart des invitations – et non des moindres - sont
déclinées….
Un cycle de conférences et de tables rondes qui réuniront
les meilleurs spécialistes de la question permettront, du 3
au 9 mai de s’informer sur différents aspects de l’histoire
et de l’actualité tibétaines (voir programme en
annexe)
Une salle est réservée aux projections (plusieurs projections
quotidiennes sur toute la durée de la manifestation) :
Tibet, histoire d’une tragédie (52 mn), document confié par
le Bureau du Tibet à Paris
L’enseignement de la bonté : le village de Dharamsala
(12 mn) de Mickaël Von Lingen
Le grand stupa de Bodnath (52 mn) de Jean-Pierre de Vorsine (avec une
incursion clandestine, en 2003, à Lhassa).
Niort avait déjà su rompre avec la tradition. Niort a
toujours plus d’audace et tente là un nouveau pari. La
portée de l’événement risque de dépasser
les cadres de la Foire Exposition, à n’en point douter…
CONFERENCES Lundi 3 mai, 18h00 :
Table ronde avec Jean-Paul Ribes et Françoise Robin sur le thème
de
«
histoire de la culture tibétaine. Origines, influences, sa transmission
en occident »
Jean-Paul Ribes, journaliste, grand reporter,
animateur du Comité de
soutien au peuple tibétain et vice-président de l’Université Bouddhique
Européenne, auteur de « Karmapa » (Fayard), co-auteur
de nombreux ouvrages sur la question tibétaine, publie la lettre
du Tibet.
Françoise Robin, 10 ans d’études de langue et
culture tibétaine à l’INALCO avec un passage à l’université de
Lhassa. Thèse sur l’émergence de la littérature
de fiction tibétaine et ses fonctions dans la société contemporaine
(2003)
Plusieurs articles sur la littérature contemporaine publiés
Enseignante de tibétain (langue et littérature) depuis
99
Associée à l’équipe CNRS « langues
et cultures de l’aire tibétaine »
Mercredi 5 mai 16h00
«
La Croisière Jaune, mission Centre Asie »
Eric Deschamps narre l’aventure de l’expédition
André Citroën qui tenta de rallier Pékin au départ
de Beyrouth (1931/1932)
Eric Deschamps, collectionneur, a restauré l’un des véhicules
autochenille du groupe Pamir, emmené par le commandant Georges
Marie Haardt. Présentée dans le cadre de l’exposition,
l’autochenille Citroën-Kegresse est celle du cinéma
lourd du groupe Pamir. Elle a été entièrement
reconstruite avec l’aide d’anciens de l’expédition.
Mercredi 5 mai, 19h00:
Rencontre interconfessionnelle entre les moines du Gyuto et les représentants
des différentes confessions religieuses.
Vendredi 7 mai, 16h00 :
Matthieu Ricard : « ma rencontre avec les Tibétains »
Vendredi 7 mai, 19h00 :
«
Chine – Tibet, la nécessité du dialogue »
Table ronde réunissant Marie Holtzman, Wang Zhixiong, Wangpo
Bashi, Jean-Paul Ribes
Cette table ronde portera sur la question tibétaine et traitera
de la nécessité d’un dialogue entre la Chine et
le Tibet.
Marie Holtzman, sinologue, Présidente de Solidarité Chine,
auteur de nombreux ouvrages sur la Chine contemporaine dont « Chine,
on ne baillonne pas la lumière » (Ramsay)
Biographies de dissidents chinois comme « Lin l’indomptable » (Bayard)
et de traductions du chinois dont « L’empire des bas-fonds » de
Liao Yiwu (Bleu de Chine)
Wangpo Bashi représente le Bureau du Tibet à Paris, représentation
de Sa Sainteté le Dalaï Lama pour le Bénélux,
la France, le Portugal, l’Espagne et l’Union Européenne.
Wang Zhixiong, médecin et écrivain chinois né en
1960 à Shangaï. Vit en France depuis 20 ans et auteur de « Chine:
la démocratie ou le chaos » (Bleu de Chine). Observateur
attentif de la Chine, notamment dans le domaine des droits de l’homme.
Il tient depuis 2 ans une chronique sur le site Question Chine.
Wangpo Bashi est secrétaire du Bureau du Tibet, représentation
officielle de Sa Sainteté le Dalaï Lama en France.
Dimanche 9 mai, 16h00 :
Chuck Evans, fils de l’Himalayste Charles Evans qui faisait partie
de l’expédition d’Edmond Hillary qui atteignit le
sommet de l’Everest en 1953.
Chuck Evans présentera les souvenirs des expéditions
britanniques des années 50/60 au Tibet et au Népal.
DEDICACES :
3 mai : Jean-Paul Ribes
5 mai : Eric Deschamps
7 mai : Matthieu Ricard
Marie Holzman
Wang Zhixiong
Voyages 4A organise deux séjours
sur Niort
le week end du 8/9 mai pour la venue du Dalai lama
et un séjour de 5 jours avec le concert des moines Gyuto
POUR
COMMANDER CE VOYAGE
http://www.voyages4a.com
thierry@voyages4a.com
LOUIS THIERRY
VOYAGES 4A/INTERCARS TRAVEL
1 bis rue de la Primatiale
54000 NANCY
FAX 00 33(0)3 83 37 65 99
TEL 00 33 (0)3 83 37 98 60 direct
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